Juillet 2025
Delmas, Haïti – Dans les ruelles étroites des camps de fortune de Delmas, les tentes de bâches et les abris de fortune abritent des centaines de familles déplacées, chassées par l’insécurité et la misère. Ici, chaque journée est un combat : trouver de quoi se nourrir, assurer un minimum d’hygiène, protéger les enfants des maladies. Mais au cœur de cette précarité, une urgence domine toutes les autres : l’accès aux soins.
Les hôpitaux publics de la capitale, déjà sous-équipés et débordés, peinent à accueillir la masse grandissante de patients. Le coût prohibitif des cliniques privées rend leurs services inaccessibles pour la majorité. Dans ce désert sanitaire, la Fondation AIC a choisi d’intervenir avec un modèle simple mais efficace : la clinique mobile.
Le dimanche 13 juillet, pour la deuxième fois en une semaine, la Fondation AIC était présente à Delmas. Plus de 200 patients – enfants, femmes, hommes – ont pu bénéficier de consultations gratuites en médecine générale, en pédiatrie, en dermatologie, en ophtalmologie et en odontologie. Au-delà du diagnostic, des médicaments ont été distribués sans frais, afin d’éviter que les ordonnances ne restent lettres mortes faute de moyens.
Cette mobilisation survient une semaine après une première journée qui avait accueilli plus de 150 personnes. « Voir ces enfants, ces femmes, ces hommes retrouver le sourire après une consultation, c’est une victoire de l’humanité sur l’abandon », confiait le président de la Fondation, M. Olivier Barrau. Mais si l’initiative a le mérite d’apporter un soulagement immédiat, elle révèle aussi l’ampleur d’un problème plus profond : l’absence d’un système de santé accessible et équitable pour les plus vulnérables.
Car la réalité est implacable : en Haïti, près de la moitié de la population n’a pas accès à des services de santé de base. Dans des zones comme Delmas, les déplacés vivent en marge de tout filet de protection. Les cliniques mobiles, aussi louables soient-elles, ne peuvent suffire à elles seules à combler ce vide. Elles deviennent cependant un symbole : celui d’une société civile qui prend le relais là où l’État échoue.
Enracinée dans les valeurs de solidarité, la Fondation AIC – émanation d’une compagnie d’assurance haïtienne, l’Alternative Insurance Compagny (AIC) – entend poursuivre ce modèle d’intervention de proximité. Mais pour transformer cette étincelle en flamme durable, un effort collectif est indispensable. Institutions, ONG, entreprises et citoyens sont appelés à unir leurs forces pour que la santé ne soit plus un privilège mais un droit effectif.
Parce que soigner, c’est redonner une dignité.
Parce qu’agir, c’est semer l’espoir.
Parce qu’Haïti mérite, enfin, un système de santé à la hauteur de sa population.